__Elle dort. Éteinte dans ce sommeil qui l'enveloppe. Elle attend, dans le noir le plus profond, s'oublie dans un désir de renaître. Elle attend.___ Seule.
Les couleurs ne lui parlent plus, la clarté du jour, le scintillement de la voix lacté, l'obscurité de la nuit sans étoiles. Rien. Elle oublie. Les souvenirs la bercent, les sons lui rappellent des sensations cachés. Mais tout est voilé. ___Tout.
Elle s'enferme dans le vide, dans la torpeur la plus complète. S'évade. Ne revient pas.___ Jamais.
___Un livre était ouvert sur ses genoux, elle gardait les yeux fermés tandis que ces doigts fins se promenaient avec légèreté sur le papier épais. Des signes inscrits sur le papier, à ses imperfections, elle sentait tout grâce à son touché qui devenait chaque jour un peu plus développé.
Le silence régnait dans la pièce peu éclairée. Une lampe accroché au plafond semblait sur le point de s'éteindre à tous moment tant sa lumière était faible; elle projetait les ombres des objets meublant la pièces sur les murs blancs qui avaient mal vieillis, le temps avait laissé dans cette pièces les traces de son passage.
Un soupir s'échappa de la gorge de la jeune fille. Elle appuya sa tête contre le dossier du fauteuil et, gardant les yeux clos, elle ferma le livre qu'elle lisait. La fatigue se lisait sur son visage pâle et sous ses yeux fermés des cernes se dessinaient. Sa respiration se fit plus lente, sa poitrine se soulevait et s'abaissait doucement. Elle était sur le point de s'endormir quand son livre glissa de ses genoux et tomba par terre dans un bruit sec qui la fit sursauter. Elle se leva et se baissa pour reprendre le livre. A tâton elle le trouva et se releva, sans oublier de soupirer. Elle se dirigea d'un pas sûr vers la table de nuit et en faisant tout de même atention, elle y déposa le livre dans un geste doux et s'assit sur son lit, pensive.
Elle ouvrit les yeux. Des yeux d'un bleu glacé qui attiraient la curiosité tout en provoquant des frissons. Un regard froid, vide d'expression. Vide de sens. Un regard qui aurait pu refléter la tristesse... Un regard qui avec le temps seffaçait, s'oubliait. Un regard d'
aveugle.
___Johanna avait 16 ans. Johanna ne voulait pas être belle, elle ne voulait pas que les regards se posent sur elle. Elle ne voulait pas qu'on ressente de la pitié à son égard. La pitié lui faisait si mal, elle la sentait, même si ses yeux ne pouvait scruter ceux des autres pour y lire leurs sentiments. Elle voulait qu'on l'oubli. Elle voulait s'effacer. Elle voyait la vie projeter son ombre sur elle, les couleurs lui échappaient, les formes, la lumière. Etant petite elle riait constemment, la joie de vivre l'avait toujour habité. Sa vie n'avait pas été pas différente de celle des autres. Ses grands yeux bleus pétillaient constemment de joie, ses pomettes roses attendrissaient, sa vivacité surprenait. Avant elle pouvait voir, observer le paysage, les personnes vivant à ses côtés, examiner les regards le plus tristes ou les plus joyeux. Elle n'avait pas à s'angoisser, se demander si les souvenirs qui lui restaient allaient s'estomper encore un peu plus. Elle n'avait pas en elle, cette angoisse permanante qui la rongeait. Elle vivait sa petite vie dans l'insouciance et la douceur de l'enfance, auprès de parents attentionés qui lui offraient l'amour dont elle avait besoin. Avant, la petite Johanna vivait heureuse.
___Une larme naquit aux coins de ses yeux et coula sur sa joue blanche, d'un revers de manche elle l'essuya. Elle n'aimait pas pleurer, elle ne voulait pas qu'on la croit faible. Pourtant elle était seule dans la pièce, elle aurait pu verser autant de larmes qu'elle le voulait, personne ne l'aurait vu. Mais Johanna était comme ça à présent. Elle voulait se montrer intouchable, insensible, elle qui était de nature douce à l'origine. Elle se préservait, se forgeait une carapace où elle se recroquevillait, où la Solitude était sa seule compagnie. Elle détestait sa vie, ce monde dans lequel elle vivait, elle détestait la mentalité des gens de cette terre. De toute façon, personne ne pouvait la comprendre, personne n'était assez intelligent pour ça. Elle en était sûr. Pas même son père qui pourtant donnait tout pour voir sa fille sourire. Non, personne ne comprenait, personne ne savait qui elle était.
____Personne.
Dites-vous que j'ai mis plusieurs heures à écrire
ce premier chapitre, que je l'ai modofié pas mal
de fois et que je vous demanderais de ne faire
aucun commentaire sur le retard que j'ai pris.
Sinon j'espère que ce chapitre vous à plut,
personellement j'ai pris énormément de
plaisirs à l'écrire. Je sais, il n'y a aucun
dialogue et certains ne vont pas aimé
ce premier chapitre pour ça. Je suis
désolée pour cela mais je veux écrire
quelque chose qui soit plus dans la
psychologie du personnage que dans
l'histoire même. Pour l'instant aucune
photo mais je verrais ce que je peux
faire pour arranger tout ça.
Bonne journée,
bonne soirée,
bonne matiné,
a vous de voir =)
et à bientôt
J'ai trouvé les photos que je mettrais. Il s'agit de celles de Brice Portolano. Ses photos sont simplement sublimes et j'ai eu l'autorisation de les publier pour illustrer cette histoire.
Son Blog. Mathilde